Août 1991 : disparition de M. Eugène Poirot

M. Eugène Poirot lors du cinquantenaire de l’école. (Collect. Pierre Mouchel)

Né en Octobre 1901, M. Eugène Poirot s’engage dans la Marine d’abord comme mousse, avant de prendre part au conflit alors qu’il n’a que seize ans. Il y apprend les techniques de la TSF qui en est encore à ses débuts. Revenu à la vie civile il décide de mettre à la disposition des jeunes ses connaissances en devenant professeur dans une école de TSF créée en 1919 par l’un de ses anciens instructeurs. En 1926 il prend la direction de cet établissement pour en faire l’Ecole Centrale de TSF. Pendant six décennies il consacre toute son énergie au rayonnement de cette école. En Août 1991, alors que l’école vient de vivre une profonde réforme sous l’impulsion de son gendre, M. Pierre Mouchel, grâce à qui elle a obtenu son habilitation à délivrer un diplôme d’ingénieur, M. Eugène Poirot décède à l’âge de 89 ans. (photo prise lors du cinquantenaire de l’école en Mai 1969 : collection de M. Pierre Mouchel)

Août 1991. Il s’agit là d’un bien triste mois pour tous les anciens et tous les amis de l’ECE. Son directeur fondateur, Eugène Poirot vient de les quitter. Né pratiquement avec le siècle, des circonstances familiales ainsi que l’éclatement de la 1ère Guerre mondiale l’empêchent d’entreprendre les études qu’il méritait de suivre. Adolescent il est déjà obligé de gagner sa vie.

Alors qu’il rêve de voyages et que son retour d’Indochine en bateau a éveillé en lui l’appel du grand large, il s’engage comme mousse à Brest. A l’âge de 16 ans il rejoint les bâtiments de la Flotte pour prendre part au conflit. C’est à ce moment là que la chance lui sourit, à lui l’autodidacte.

On lui propose d’apprendre l’une des techniques les plus modernes de l’époque : la TSF. Lorsqu’il est démobilisé il pressent l’importance de ces techniques que sont l’électricité, la radio et la lecture au son. Il décide donc à partir de 1924 de mettre ses connaissances au service de tous ces jeunes qui veulent embrasser la carrière de radio dans une école créée en 1919.

En 1926 il en prend la direction pour en faire l’Ecole Centrale de TSF. Homme généreux marqué par son expérience d’autodidacte à qui la réussite professionnelle et sociale vient de s’ouvrir au prix d’une rigueur et d’une exigence devenues légendaires, il se sent investi d’une mission qui sera le ferment vital de ses 60 années passées au service de son école.

Il veut donner à tous ceux à qui l’Education Nationale n’a pas su répondre à leurs aspirations ainsi qu’à tous ceux qui pour diverses raisons se sont retrouvés exclus, la chance de révéler leurs talents dans des disciplines et des métiers à l’avant-garde du progrès. Durant toute cette carrière il cultive son idéalisme aussi bien à l’égard de ses élèves que de son personnel comme le souligne son gendre Pierre Mouchel.

Il développe ainsi un paternalisme de bon aloi qui le fait s’intéresser avec une profonde sincérité à la vie familiale de chacun. Le développement extraordinaire que vont connaître la radioélectricité d’abord, puis l’électronique et l’informatique, ses qualités d’organisateur, de pédagogue, de psychologue et d’homme à poigne, vont faire que ce jeune entrepreneur va amener ce qui n’était qu’une modeste école créée dans une cave à devenir une école réputée dont nombre de ses élèves se sont illustrés et continuent de s’illustrer dans des carrières prestigieuses.

Pour lui la réussite ne peut s’obtenir qu’au prix de beaucoup d’exigence et il sait de quoi il parle. Alors il doit en être de même avec ses collaborateurs comme avec ses élèves. Ne disait-il pas : « Que les élèves n’hésitent pas comme je le faisais à labourer leurs livres à force de s’en servir. » Parmi ses élèves il en est un qui aura affaire à lui en tête à tête à plusieurs reprises. C’est le journaliste Marc Menant qui alors suivait le cours d’opérateur radio. S’il est convoqué dans son bureau ce n’est pas pour ses résultats, mais pour les perturbations qu’il crée durant les cours alors que ses aptitudes exceptionnelles font qu’il termine ses exercices avant tout le monde. Alors il faut bien tuer le temps comme on peut, et dans ce cas autant faire rire son entourage.

Comme nous le dit aujourd’hui Marc Menant : « Poirot se voulait féroce, mais malgré lui il transpirait la sympathie, il suintait la bonté. »

JJ Wanègue

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Une Réponse pour “Août 1991 : disparition de M. Eugène Poirot”

  1. BAUGIER MAX dit :

    Bonjour à tous

    ex radio navigant formé rue de la Lune promo 1954, j’ai mis définitivement mon sac à terre en 1969 et après 3 ans dans une station de radiorepérage, en 1973 je suis revenu dans l’entreprise familiale, depuis environ 5 ans j’ai passé la main à mon fils et parfois ayant 2 postes de trafic, je fais de l’écoute, je lis et manipule encore à 120/130 signes mn. Pour dire que les cours de l’ex ECTSFE étaient bons.

    J’ai reconnu l’ancien insigne de l’école que je portais fièrement à la boutonnière, cela m’avait permis de retrouver dans mes voyages des anciens éléves mais au cours d’une opération mouvementée je l’ai perdu. Je pense que le stock des anciens ECTSFE est épuisé !, mais il me serait agréable d’avoir les nouveaux insignes ECE, merci de m’indiquer le cout et par retour je vous adresse le reglement et mon ADS.

    Mes études techniques de qualité à cette école m’ont laissé d’excellents souvenirs et j’ai un grand sentiment de plaisir de voir l’évolution de l’ECE

    A tous cordialement

    Max BAUGIER +++

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